Invité de la chaîne «Arab Sports Studio», l'ancien international algérien Djamel Benlamri a livré une analyse sans détour sur la crise qui secoue le football national. Loin de réduire le problème à la seule figure de Vladimir Petkovic, le héros de la CAN 2019 désigne l'hypocrisie sportive comme véritable gangrène du football algérien et réclame une intervention urgente des autorités de tutelle.

Petkovic : un débat lancé sans fondement officiel

Djamel Benlamri ne dissimule pas ses réserves à l'égard de Vladimir Petkovic, mais il tempère les appels pressants à son éviction. En l'absence d'informations officielles, parler d'un départ imminent est, selon lui, «prématuré». Une assemblée générale de la Fédération algérienne de football (FAF) doit prochainement statuer sur l'avenir du sélectionneur suisse. L'ancien attaquant pointe néanmoins l'absurdité ambiante : «Comment évaluer un entraîneur que les Algériens jugent, de toute façon, incapable d'occuper le poste ?» Une question rhétorique qui illustre l'ampleur du fossé entre la direction fédérale et l'opinion publique sportive.

Le «nifaq sportif», véritable plaie du football algérien

Pour le champion d'Afrique 2019, le problème du football algérien transcende largement la question de l'identité du sélectionneur. «On croit que notre problème c'est Petkovic, mais le mal est bien plus profond. Il touche le championnat et de nombreuses défaillances structurelles», a-t-il martelé. Benlamri s'en prend avec virulence à ceux qu'il nomme les partisans du «nifaq sportif» — l'hypocrisie sportive —, des commentateurs qui hier critiquaient à outrance et donnent aujourd'hui des leçons de retenue. «Il y a ceux qui aiment la vérité et ceux qui la fuient, parce qu'elle exige travail et responsabilité. Ceux-là préfèrent les solutions de façade», a-t-il tranché. Cette posture a, selon lui, scindé l'opinion en deux blocs antagonistes, rendant tout débat sain impossible.

Un appel direct au ministre et à la FAF

Face à une situation qu'il juge alarmante, Djamel Benlamri en appelle directement au ministre des Sports et au président de la Fédération algérienne de football pour mettre un terme à ce qu'il qualifie de «déclarations acrobatiques», parfois proches de la diffamation. «Mon problème n'est pas le coach, c'est le nifaq sportif que l'on vit», a-t-il conclu, résumant en une phrase la nature systémique d'une crise qui, bien au-delà du cas Petkovic, interroge les fondements mêmes du football algérien.