Le compte à rebours est enclenché pour la désignation du successeur de Vladimir Petkovic à la tête de la sélection algérienne. Dans la course au banc des Verts, le nom de l'Espagnol Félix Sánchez s'impose désormais comme le plus cité. Formé à l'école barcelonaise, vainqueur de la Coupe d'Asie des nations avec le Qatar, ce technicien discret ferait de l'Algérie sa troisième sélection nationale.

De la Masia au Moyen-Orient : une décennie à bâtir l'excellence

Natif de Barcelone, Félix Sánchez a dépassé la cinquantaine sans jamais renier l'idéal du football propre et technique insufflé par la culture catalane. Très tôt dans sa carrière d'entraîneur, il a intégré le staff de formation du FC Barcelone, où il a passé près d'une décennie à encadrer les catégories de jeunes et à diriger l'Académie d'excellence. Cette expérience lui a forgé, en Espagne et bien au-delà, une réputation de formateur hors pair.

C'est le Qatar qui lui a offert sa première grande scène internationale. Responsable des équipes nationales qataries de jeunes (U20 et U23), il a ensuite pris les rênes de la sélection A avec laquelle il a décroché la Coupe d'Asie des nations 2019, organisée aux Émirats arabes unis. Une décennie passée entre le club Al-Sadd et les différentes sélections nationales a solidifié sa stature sur l'échiquier mondial.

De l'Équateur à l'Algérie : un technicien aux trois continents

Après son long chapitre au Moyen-Orient, Félix Sánchez a conduit la sélection équatorienne, ajoutant un troisième continent à son cursus déjà atypique. Si sa nomination à la tête des Verts se confirme, l'Algérie deviendrait sa troisième sélection nationale — un palmarès rare qui témoigne d'une carrière internationale singulière.

La barrière linguistique, qui avait pesé par le passé avec le Serbe Rajevac sous Mohamed Raouraoua, puis avec le Suisse Petkovic sous Walid Sadi, ne devrait pas constituer un frein. Félix Sánchez maîtrise l'espagnol et l'anglais, deux langues pratiquées par de nombreux internationaux algériens expatriés, notamment ceux évoluant dans les pays du Golfe.

Par ailleurs, le technicien catalan connaît plusieurs joueurs algériens pour les avoir côtoyés à Al-Sadd ou sous ses autres casquettes. Son admiration pour Adam Ounas est publique — il avait qualifié la touche de balle de l'ailier de magique — et il a régulièrement salué la valeur de Baghdad Bounedjah. Youcef Atal compte également parmi les Algériens passés par Al-Sadd durant ses années qataries.

Un banc de touche silencieux, Antar Yahia en adjoint pressenti

Ceux qui reprochaient à Vladimir Petkovic son manque d'expressivité sur la ligne de touche ne trouveront guère plus d'effusion avec Félix Sánchez. Le coach espagnol est réputé pour son calme absolu pendant les rencontres : il suit le jeu debout, dans le silence, sans laisser paraître la moindre émotion visible. Une sérénité qui cache, selon ses proches, une concentration extrême et une lecture fine héritée de ses longues années barcelonaises.

La grande nouveauté de ce dossier pourrait concerner le staff technique. Antar Yahia, ancien capitaine des Fennecs et présent au Mondial, serait pressenti pour occuper le poste d'adjoint principal. L'ex-défenseur suit de près les talents algériens qui évoluent en Europe et représente un interlocuteur naturel pour les joueurs à double nationalité — lui qui a vécu cette réalité de l'intérieur pendant de nombreuses années au plus haut niveau.